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	<title>Food Geography &#187; patrimoine culturel</title>
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		<title>Food geography n°2 – le goyavier-fraise à l&#8217;île de la Réunion : entre patrimoine culturel et patrimoine naturel  Luca Piccin, Jean-Paul Danflous </title>
		<link>http://www.food-geography.com/402/</link>
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		<pubDate>Fri, 27 Dec 2013 12:45:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Food Geography n°2]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Paul Danflous]]></category>
		<category><![CDATA[Luca Piccin]]></category>
		<category><![CDATA[développement rural]]></category>
		<category><![CDATA[espèces invasives]]></category>
		<category><![CDATA[Innovation ; Ile de La Réunion ; goyavier-fraise]]></category>
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		<category><![CDATA[ressource territoriale]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>LE GOYAVIER-FRAISE A L’ILE DE LA REUNION : ENTRE PATRIMOINE CULTUREL ET PATRIMOINE NATUREL Luca Piccin, chercheur indépendant sur la géographie de l’alimentation et écologie des systèmes alimentaires Jean-Paul Danflous, socio-économiste, CIRAD, UMR Innovation. Résumé A l’île de La Réunion, [&#8230;]</p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="http://www.food-geography.com/402/"><em>Food geography</em> n°2 – le goyavier-fraise à l&rsquo;île de la Réunion : entre patrimoine culturel et patrimoine naturel<br />
<h6> Luca Piccin, Jean-Paul Danflous </h6>
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]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h1><b style="font-size: 13px;">LE GOYAVIER-FRAISE A L’ILE DE LA REUNION : ENTRE PATRIMOINE CULTUREL ET PATRIMOINE NATUREL</b></h1>
<p><span id="more-402"></span></p>
<p>Luca Piccin, chercheur indépendant sur la géographie de l’alimentation et écologie des systèmes alimentaires</p>
<p>Jean-Paul Danflous, socio-économiste, CIRAD, UMR Innovation.</p>
<p><strong>Résumé</strong></p>
<p>A l’île de La Réunion, un petit fruit rouge localement connu comme « goyavier » fait l’objet d’un engouement collectif qui en fait une véritable ressource patrimoniale pour le développement rural. Parallèlement, la création d’un parc national et son inscription dans la liste du patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO suscitent des tensions et donnent naissance à des conflits concernant les dimensions culturelle et environnementale du patrimoine. Le goyavier-fraise est en effet une espèce invasive dont la gestion est une condition incontournable pour garder le précieux label. Cette étude de cas témoigne que le patrimoine ne fait pas toujours consensus et que la définition de son statut ne va pas de soi. Sa mise en débat, accompagnée par des procédures de communication et d’éducation adaptées, deviennent alors nécessaires.</p>
<p><strong>Mots-clés</strong></p>
<p>Innovation ; Ile de La Réunion ; Goyavier-fraise ; Espèces invasives ; Patrimoine culturel ; Patrimoine naturel ; Ressource territoriale ; Développement rural</p>
<p><strong>Abstract</strong></p>
<p>In Reunion Island, a little red fruit locally known as “goyavier” arouse a collective interest which translates it into a patrimonial resource for rural development. At the same time, the institution of a national park and its registration on the UNESCO world heritage list are source of many tensions and conflicts involving both the cultural and environmental facets of the heritage. In facts, strawberry guava is an invasive species and its management is an essential condition in order to maintain the precious label. This case study shows that a consensus around heritage is not always easy to reach; even defining its status can’t be taken for granted. So, we think it become necessary to engage a debate about it, coupled with adapted procedures of communication and education.</p>
<p><strong>Key words</strong></p>
<p>Innovation; Reunion Island; Strawberry guava; Invasive species; Cultural heritage,; Natural heritage; Rural development; Territorial resource</p>
<p><strong>INTRODUCTION</strong></p>
<p>Pour expliquer comment la référence patrimoniale tend à se généraliser dans nos sociétés contemporaines, on peut relever les similitudes entre la notion de transmission qui lui est intrinsèque et les politiques du développement durable. Ces dernières peuvent en effet s’appuyer sur une qualification patrimoniale de l’environnement, c’est-à-dire des ressources et des biens communs dont il faut garantir une transmission équitable aux générations futures (Di Méo, 2008). Le patrimoine est dans ce cas un concept qui nous permet de penser nos rapports avec des éléments structurants tels que le temps et l’espace (Senil, 2011). Dans cet article nous en ferons aussi un prétexte pour mettre en lumière certains aspects critiques autour de la mise en parallèle d’un patrimoine alimentaire, le goyavier à l’île de La Réunion, et d’une innovation territoriale, le Parc National de La Réunion, dont le territoire <strong>coïncide avec le bien naturel des « Pitons, cirques et remparts » inscrit au </strong>patrimoine mondial de l’UNESCO en 2010. La construction conceptuelle du patrimoine, ou mieux des patrimoines, se faisant entre les deux pôles de l’héritage et de la transmission, nous montrerons à travers ce cas que cette polarisation ne va pas de soi et qu’elle ne met pas les acteurs à l’abri de contradictions problématiques. Nous situons donc notre démarche dans la même perspective que Jacynthe Bessière et Laurences Tibère (2010 : 10) qui invitent « <i>à nuancer une approche qui viserait à réduire le patrimoine à sa seule valeur de consensus </i>» et qui proposent « <i>de l’appréhender aussi comme un lieu de débat et de différenciation</i> ».</p>
<p>La méthodologie est de type qualitatif, l’article s’appuyant sur une analyse du discours à partir d’une revue bibliographique, de la presse régionale et d’entretiens ouverts avec les principaux acteurs de la filière productive, de la Chambre d’Agriculture, de la recherche scientifique, notamment le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), d’associations environnementales ainsi que des consommateurs locaux et des touristes.</p>
<p><strong>LE GOYAVIER-FRAISE : CARACTERISTIQUES ET DISTRIBUTION</strong></p>
<p>Le goyavier-fraise <i>Psidium cattleianum</i> <i>Sabine</i> est une espèce proche du goyavier à gros fruits (<i>Psidium guajava L.</i>). Il produit de petits fruits ronds, de 2 à 3 cm de diamètre, de couleur rouge, sucrés et légèrement acidulés, au parfum et à l’arôme rappelant ceux de la fraise à pleine maturité (Figure 1). Originaire du Brésil, cet arbuste pouvant atteindre huit mètres de hauteur s’est progressivement répandu dans toutes les zones tropicales ou subtropicales de la planète. Son introduction à l’île de La Réunion date du XVIII<sup>e</sup> siècle (Normand, 1999 ; Paniandy, 1999). A La Réunion comme partout ailleurs, le goyavier-fraise est considéré par les botanistes comme une « peste végétale » : la présence de  nombreuses graines au taux de germination élevé, son adaptation à une large gamme de conditions pédoclimatiques et la dissémination opérée par les oiseaux et les petits mammifères rongeurs en font une espèce invasive, pouvant constituer des groupements dont la densité est si grande qu’ils empêchent le développement de la flore indigène.</p>
<p style="text-align: center;"> <a href="http://www.food-geography.com/wp-content/uploads/2013/12/im1.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-409" alt="image 1" src="http://www.food-geography.com/wp-content/uploads/2013/12/im1-300x224.jpg" width="300" height="224" /></a></p>
<p align="center"><strong>Figure 1 : vente de goyaviers en bord de route</strong></p>
<p>En « vertu » de ces caractéristiques, le goyavier-fraise est aujourd’hui présent à peu près sur toute l’île de La Réunion, à l’exception :</p>
<ul>
<li>des Hautes altitudes, trop froides (au-dessus de 1 200-1 400 mètres) ;</li>
<li>des basses pentes de l’Ouest, trop sèches ;</li>
<li>des plaines littorales du Nord-Est et de l’Est, où domine la culture de la canne à sucre.</li>
</ul>
<p>En raison de sa forte adaptabilité, il est difficile de cartographier avec précision sa distribution géographique ; toutefois, la carte dessinée par le célèbre botaniste Thérésien Cadet en 1980 (Figure 2) fournit une bonne idée de la présence de <i>Psidium</i> en ceinture tout autour de l’île, corrélée aux conditions d’humidité atmosphérique.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.food-geography.com/wp-content/uploads/2013/12/im2.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-410" alt="image 2" src="http://www.food-geography.com/wp-content/uploads/2013/12/im2-300x231.jpg" width="300" height="231" /></a></p>
<p align="center"><strong>Figure 2 : carte des formations végétales secondaires (Cadet, 1980).</strong></p>
<p><strong>LE GOYAVIER ENTRE MARQUAGES TERRITORIAUX ET MISE EN VALEUR PATRIMONIALE</strong></p>
<p>La construction d’une ressource patrimoniale suscite des enjeux d’appropriation, notamment en ce qui concerne l’identité des « titulaires » du patrimoine, qui l’érigent en symbole collectif (Veschambre, 2007). Il importe alors d’identifier les acteurs, individuels ou collectifs, qui s’approprient les éléments patrimoniaux, ainsi que leurs motivations. Pour ce faire, la recherche des marqueurs territoriaux est un moyen privilégié, si l’on considère que le recours au marquage de l’espace, via le patrimoine, présente l’intérêt fondamental de pouvoir affirmer sa valeur symbolique sans passer par des modalités de contrôle coercitives ou encore quand ce n’est pas possible de faire appel à des formes d’appropriation et de réaffirmation juridiques (Veschambre, 2007 ; Senil, 2011). L’identification des marqueurs territoriaux permet de distinguer la « trajectoire » du processus patrimonial, car celui-ci peut partir « d’en haut », par exemple quand c’est l’Etat qui décrète ce qu’il faut patrimonialiser (Laferté et Renahy, 2003). La référence aux marqueurs est appropriée en termes de produits alimentaires, puisque « <i>marquer le paysage, c’est aussi, pour les produits de terroir, considérer leur place dans le balisage de l’espace : panneaux publicitaires, panneaux de vente directe, représentations sur des logos de parcs naturels régionaux ou de structures de développement</i> » (Bérard <i>et al</i>., 2004 : 593). On peut donc affirmer que le patrimoine constitue en soi un support privilégié de marquage et d’appropriation de l’espace.</p>
<p>Parmi les éléments qui nous permettent de constater l’appropriation collective du goyavier-fraise, on peut citer l’intérêt porté à ce fruit par les décideurs locaux, lesquels ont financé plusieurs études afin de connaitre le potentiel exploitable de cette espèce. Suite aux études exploratoires réalisées à la fin des années 80, un programme d’expérimentation en milieu réel démarre en 1992 dans les Hauts de l’Est, associant le CIRAD, la Chambre d’Agriculture, l’Association pour la Promotion en milieu Rural (APR) et l’Association Réunionnaise pour la Modernisation de l’Economie Fruitière Légumière et Horticole (ARMEFLHOR) et parrainé par le Conseil Régional, le Conseil Général, l’Etat et l’Union Européenne. Le programme vise à déterminer des références techniques et économiques pour des cultures de diversification innovantes, plus adaptées à la zone et donc plus rentables que la culture de la canne à sucre. Plus globalement, il s’agit d’une mesure voulue par le Commissariat à l’Aménagement des Hauts afin d’améliorer les revenus et les conditions de vie des agriculteurs des Hauts, pour limiter leur exode vers les villes côtières et rééquilibrer les ressources des Hauts et des Bas de l’île (Normand, 1999). Le goyavier-fraise est identifié comme l’une des espèces les mieux adaptées pour ce programme qui débouchera sur la mise au point de l’itinéraire technique et la création d’une association de producteurs.</p>
<p>Dès cette période, toutes les études ont fait état d’un réel engouement pour cette baie rouge, très appréciée par la population locale. Dans un article qui présente les résultats du programme mentionné plus haut, il est souligné que « <i>le goyavier-fraise et le palmiste sont des produits localement très appréciés qui font partie du patrimoine culturel de l’île</i> », même s’il est également reconnu que son état de fruit sauvage n’apparaît pas justifier sa culture auprès des agriculteurs (Normand, 1999 : 243). Il est vrai que le goyavier-fraise qui, à l’état sauvage, fructifie pendant l’hiver austral (entre mars et octobre, selon l’altitude et la zone), fait effectivement l’objet d’une cueillette pouvant amener des milliers de personnes dans les zones où il est présent. Encore aujourd’hui, favorisés par le développement économique rapide de ces trente dernières années, les insulaires n’hésitent pas à parcourir en voiture la « route des plaines », qui traverse l’intérieur de l’île en passant par le village de la Plaine des Palmistes, véritable capitale du goyavier (Figures 1, 3 et 4). C’est dans cette petite commune de 5 000 habitants, située à 1 000 mètres d’altitude, que l’on trouve les signes les plus évidents d’une appropriation généralisée du fruit rouge, à tel point qu’il est même devenu difficile d’en faire la cueillette sans s’éloigner trop des sentiers battus.</p>
<p style="text-align: center;"> <a href="http://www.food-geography.com/wp-content/uploads/2013/12/im3.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-411" alt="im3" src="http://www.food-geography.com/wp-content/uploads/2013/12/im3-300x113.jpg" width="300" height="113" /></a></p>
<p align="center"><strong>Figure 3 : cueillette de goyaviers à la Plaine des Palmistes</strong></p>
<p>Les goyaviers sont le plus souvent vendus en barquettes au bord des routes, au prix moyen de quatre euros le kilogramme. Les tentatives de professionnalisation et de commercialisation du goyavier en frais dans les grandes et moyennes surfaces de l’île se sont soldées par des échecs, malgré l’apport de connaissances (thèse de doctorat sur la caractérisation physico-chimique des fruits) visant à améliorer la conservation après récolte (Paniandy, 1999). L’engouement pour la cueillette est, quant à lui, toujours intact. Dans la foulée du programme de diversification, plusieurs propriétaires à la Plaine des Palmistes ont été incités à mettre en culture des parcelles, suivant les indications des techniciens agricoles. L’activité est jugée satisfaisante, de nombreux visiteurs débarquant sur ces parcelles pour effectuer la cueillette avec des seaux, à la manière du « <i>pick your own</i> » pratiqué en Amérique du Nord pour les myrtilles. Les prix oscillent entre sept et huit euros pour un seau de cinq kilogrammes. L’absence de produits de synthèse est souvent mise en avant au sein de ces exploitations. Les personnes rencontrées nous ont également fait part de l’existence d’équipes de cueilleurs qui fournissent une importante industrie de transformation locale pour la production d’une large gamme de produits artisanaux à base de goyavier (dont une partie se retrouve sur les étals des Grandes et Moyennes Surfaces &#8211; GMS) : gelée, confiture, pâte de fruits, jus, qui permettent de réaliser une valeur ajoutée non négligeable. A ce sujet, le maire de la Plaine des Palmistes s’est exprimé dans le magazine d’information de la commune (intitulé… « Le Goyavier » !), en juin 2009 : « <i>Vu les conséquences de la crise économique,  avec  la  montée  du  chômage, j’ai  donné  à  tout le monde la possibilité de vendre le goyavier et ses dérivés sur le bord de la route. Nous travaillons à la structuration de la filière, avec la Chambre d’Agriculture et l’association « Le goyavier, cultures et traditions ». L’appropriation de ce produit agro-touristique offre à notre population une manne financière non négligeable. Il faut la développer pour que nos producteurs-vendeurs puissent se la partager et notre économie locale s’y retrouver</i> ».</p>
<p style="text-align: center;"> <a href="http://www.food-geography.com/wp-content/uploads/2013/12/im4.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-412" alt="image 4" src="http://www.food-geography.com/wp-content/uploads/2013/12/im4-202x300.jpg" width="202" height="300" /></a></p>
<p align="center"><strong>Figure 4 : appropriation et marquage de l’espace à la Plaine des Palmistes</strong></p>
<p>L’association « Goyavier, culture et traditions », créée en 2008, souhaite mettre en valeur « l’or rouge » ; pour son président, Philippe Isop, il s’agit de : « <i>faire connaître le goyavier sous toutes ses formes, valoriser le fruit en structurant une filière et, à terme, dynamiser le territoire par une culture contrôlée et créatrice d’emplois. Il faut changer la perception populaire sur le goyavier. Il ne s’agit pas d’une peste mais d’une chance pour celui qui souhaite le cultiver, un moyen d’arrondir ses fins de mois </i>».</p>
<p>Les mots de ces acteurs dévoilent toutes les références au processus de patrimonialisation : de la mise en exposition à la valorisation, en passant par la justification, associée au rôle primordial du goyavier pour la dynamique territoriale et les retombées économiques. C’est donc toute une société locale qui s’approprie cet élément en tant que référent identitaire. Le goyavier devient même un élément de la politique locale, voire régionale : la fête annuelle du goyavier qui se déroule systématiquement à la Plaine des Palmistes (dont c’était la vingt-quatrième édition en 2012) a été associée en 2009 et en 2010 à des Journées du Goyavier voulues à Saint-Denis, le chef-lieu du département, par la présidence du Conseil Général.</p>
<p>Selon un diagnostic territorial concernant la Plaine des Palmistes, effectué par l’APR (Frontin, 2005), le goyavier est une ressource primordiale permettant de penser les perspectives d’avenir pour cette commune rurale : « <i>la Plaine des Palmistes en 2020, sera restée un bourg tranquille et agréable à vivre, avec une authenticité du bâti et le maintien de la trace des trois villages. La présence de dents vertes au centre permettra d’entretenir un caractère rural et agricole. L’agriculture se sera diversifiée et tournée en particulier vers l’agro-tourisme, et un produit  phare, décliné et valorisé se sera affirmé : le  goyavier </i>».</p>
<p>La représentation collective du goyavier met en évidence comment tradition et innovation se conjuguent ici paradoxalement dans une alchimie patrimoniale à la base des projets de toute une communauté humaine.</p>
<p><strong>LE PARC NATIONAL ET SON INSCRIPTION A L&rsquo;UNESCO : DE QUEL(S) PATRIMOINE(S) PARLE-T-ON ?</strong></p>
<p>En parallèle des dynamiques concernant le goyavier-fraise, des études et des comités <i>ad hoc</i> se sont chargés de réfléchir à la mise en place du Parc National de La Réunion, qui a vu le jour le 5 mars 2007, date de publication du décret de création du neuvième parc national français. Son cœur (42 % de la superficie insulaire) est l’espace naturel préservé, qui jouxte une aire d’adhésion, soit la limite des Hauts étendue aux principales ravines. Les communes choisissent d’y inclure une part de leur territoire dans le cadre d’un projet commun et d’une charte (Figure 5). L’article L. 331-3 du Code de l’environnement rappelle que celle-ci définit un projet de territoire traduisant la solidarité écologique entre le cœur du parc et ses espaces environnants. Elle se fonde sur des engagements contractuels sur dix ans et doit se composer de deux parties : une première concernant les espaces du cœur, où sont définis les objectifs de protection du patrimoine naturel, culturel et paysager et où sont précisées les modalités d’application de la réglementation prévue ; une deuxième partie concernant l’aire d’adhésion, qui définit les orientations de protection, de mise en valeur et de développement durable et qui indique les moyens de les mettre en œuvre. L’élaboration de la charte a démarré en 2008, avec pour objectif de l’adopter par décret en 2010. Ce calendrier, volontairement ambitieux, a été retardé en raison d’événements tels que les grands incendies de 2010 et 2011 sur le massif du Maïdo, ou encore l’inscription dans la liste de l’UNESCO, mais aussi à cause des multiples conflits qui ont émergés pendant cette phase d’installation. En premier lieu, au sein même de la structure, entre conseil scientifique et conseil administratif, au sujet d’un projet de recherche d’énergie géothermique dans la zone du volcan (retiré en 2009) et, ensuite, en raison d’une pluralité de conflits dont les plus significatifs ont opposé les habitants du cirque de Mafate, certains éleveurs extensifs, des vendeurs ambulants et des planteurs de géranium contre l’administration du parc<a title="" href="file:///C:/Users/Vincent/Desktop/Food%20Geography%20n%C2%B02bis%20-%20D%C3%A9cembre%202013.doc#_ftn1">[1]</a>.</p>
<p style="text-align: center;"> <a href="http://www.food-geography.com/wp-content/uploads/2013/12/im5.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-413" alt="image 5" src="http://www.food-geography.com/wp-content/uploads/2013/12/im5-300x206.jpg" width="300" height="206" /></a></p>
<p align="center"><strong>Figure 5 : le zonage du Parc National de La Réunion</strong><a title="" href="file:///C:/Users/Vincent/Desktop/Food%20Geography%20n%C2%B02bis%20-%20D%C3%A9cembre%202013.doc#_ftn2">[2]</a></p>
<p>Malgré ces conflits, la décision est prise de poursuivre la démarche UNESCO. En 2010, le territoire du Parc a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en raison des deux critères suivants<a title="" href="file:///C:/Users/Vincent/Desktop/Food%20Geography%20n%C2%B02bis%20-%20D%C3%A9cembre%202013.doc#_ftn3">[3]</a> :</p>
<p>- Critère VII : représenter des phénomènes naturels ou des aires d’une beauté naturelle et d’une importance esthétique exceptionnelles ;</p>
<p>- Critère X : contenir les habitats naturels les plus représentatifs et les plus importants pour la conservation <i>in situ</i> de la biodiversité, y compris ceux où survivent des espèces menacées ayant une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de la science ou de la conservation.</p>
<p>Si le premier de ces critères est assez largement accepté, se référant à la beauté spectaculaire des paysages naturels de La Réunion, le deuxième introduit une hiérarchisation fondée sur un jugement de valeur qui confère une supériorité aux disciplines naturalistes : le tri patrimonial est légitimé sur la base d’une expertise scientifique de niveau international. La priorité d’action du parc va donc au patrimoine naturel. Comme toute sélection, celle-ci implique des exclus, qui ne manquent pas de se manifester. Enfin, le maintien du label UNESCO implique d’intégrer dans la charte des mesures répondant aux critères mentionnés plus haut, notamment en matière de gestion des espèces exotiques invasives, parmi lesquelles le goyavier-fraise. C’est ainsi qu’un débat s’instaure sur l’île au sujet du goyavier : patrimoine alimentaire ou peste végétale menaçant le patrimoine naturel ?</p>
<p>Bien que convergeant sur certains points, notamment sur le fait de cultiver les goyaviers dans des vergers et d’arracher les sauvages, les avis restent tranchés. Pour Yannick Martin, technicien chargé de développer la filière, il serait possible de « <i>réfléchir à un partenariat avec le parc national pour qu’une action conjointe « association-parc national » soit menée dans le cadre de l’éradication de cette plante envahissante, dans les zones non cultivées où elles posent problèmes</i> ». Néanmoins, il ajoute que, « <i>injustement considérée comme une peste végétale, le goyavier s’affirme d’année en année comme une vraie filière de production agricole</i> », rejoignant ainsi l’avis du président de l’association « Goyavier, culture et traditions », Philippe Isop, en minimisant le caractère envahissant de l’espèce.</p>
<p>Pour Gisèle Tarnus, présidente de la Société réunionnaise pour la protection de l’environnement, SREPEN, les Réunionnais « <i>acceptent difficilement que l’on qualifie de « peste végétale » le goyavier étant donné la saveur de ses fruits et les produits secondaires possibles »</i>. Selon elle, <i>« vouloir considérer le goyavier comme une plante utile à l’Homme en faisant fi de son impact sur le milieu naturel est sans doute une profonde erreur</i> ». Lors d’une conférence de presse tenue le 8 juin 2009, le scientifique sud-africain, expert en espèces exotiques envahissantes, Ian Mac Donald, pose la question suivante : « <em>dans cinquante ans, les touristes viendront-ils à la Réunion pour voir des milieux naturels uniques au monde ou pour manger des goyaviers ?</em> ». A la même occasion, Joël Dupont, autre membre de la SREPEN, s’insurge en faisant un parallèle avec le patrimoine culturel : « <i>nous sommes responsables de notre patrimoine naturel. Cela ne nous viendrait pas à l’idée de détruire Notre Dame de Paris </i>».</p>
<p><strong>CONCLUSION</strong></p>
<p>Faut-il être pro ou anti goyavier ? C’est en ces termes que le débat est aujourd’hui posé, à l’heure où le préfet vient de réunir les acteurs insulaires autour d’une table ronde pour éviter un énième conflit impliquant le parc naturel régional et le label UNESCO. Ce dernier ne semble pas favoriser un apaisement entre les parties, contribuant à diffuser une perception d’un « parc de botanistes » (Demené <i>et al</i>., 2011). Pourtant, cueillir des goyaviers ne porte en aucun cas atteinte au patrimoine, au contraire, en empêchant les graines de se diffuser, c’est bien un service qui est rendu. Une piste pourrait être ouverte par la Stratégie régionale de lutte contre les espèces invasives qui recommande de distinguer entre la « représentation » et les « connaissances » que le public a de la situation et de comprendre la construction des représentations mentales et le rôle qu’elles jouent pour faire face aux problèmes (Parc National de la Réunion, 2010 : 23). Alors que la charte n’est toujours pas signée, l’adoption d’une telle approche, nouvelle dans le domaine environnemental, impliquant d’adapter les actions menées en matière de communication et de sensibilisation du grand public, des responsables institutionnels, des acteurs socioprofessionnels et des décideurs politiques, constituerait un premier pas vers cette réconciliation entre Culture et Nature, bien résumée par le propos d’Elisée Reclus : « l’Homme est la Nature qui prend conscience d’elle-même ».</p>
<p><strong>Bibliographie</strong></p>
<p>BERARD L., DELFOSSE C., MARCHENAY P., 2004, « Les « produits de terroir » : de la recherche à l’expertise », <i>Ethnologie française</i>, vol. 34, n°4, pp. 591-600.</p>
<p>BESSIERE J., TIBERE L., 2010, « Innovation et patrimonialisation alimentaire : quels rapports à la tradition ? Enquête dans trois territoires ruraux de Midi-Pyrénées ». Disponible sur : <a href="http://www.lemangeur-ocha.com/texte/innovation-et-patrimonialisation-alimentaire-quels-rapports-a-la-tradition/">http://www.lemangeur-ocha.com/texte/innovation-et-patrimonialisation-alimentaire-quels-rapports-a-la-tradition/</a>.</p>
<p>CADET T., 1980, <i>La végétation de l’île de la Réunion. Etude phytoécologique et phytosociologique</i>. Ed. Cazal, Saint-Denis, 309 p.</p>
<p>DEMENE C., DARE W., QUESTE J., 2011, <i>Parcs Nationaux ultra-marins et agriculture &#8211; Inclusion ou exclusion ? Le Parc national de la Réunion vu au travers de la Presse Quotidienne Régionale</i>, présentation à l’Atelier SERENA de Clermont-Ferrand, du mardi 6 décembre 2011.</p>
<p>DI MEO G., 2008, « Processus de patrimonialisation et construction des territoires », <i>Colloque Patrimoine et industrie en Poitou-Charentes : connaître pour valoriser</i>, Gestes Editions, Poitiers-Châtellerault, pp. 87-109.</p>
<p>FRONTIN Y., 2005, <i>Territoire de la Plaine des Palmistes. Rénovation du Plan d’aménagement des Hauts</i>, Association pour la promotion en milieu rural, La Réunion, 74 p.</p>
<p>LAFERTE G. et RENAHY N., 2003, « Campagnes de tous nos désirs… d’ethnologues », <i>L’Homme</i>, n°166, pp. 225-234.</p>
<p>NORMAND F., 1999, « Résultats d’une action de diversification fruitière menée à l’île de la Réunion », <i>Fruits</i>, vol. 54, pp. 233-245.</p>
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<p><strong>Comment citer cet article :</strong></p>
<p>Piccin L. et Danflous J.-P., 2013, « Le goyavier-fraise à l’Ile de la Réunion : entre patrimoine culturel et patrimoine naturel », <i>Food Geography</i>, n°2, pp. 42-53.</p>
<p>&nbsp;</p>
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<hr align="left" size="1" width="33%" />
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<p><a title="" href="file:///C:/Users/Vincent/Desktop/Food%20Geography%20n%C2%B02bis%20-%20D%C3%A9cembre%202013.doc#_ftnref1">[1]</a> Ces conflits ont été largement médiatisés et ont été l’objet d’un programme de recherche actuellement en cours auquel un des auteurs a participé. Cf. le site : <a href="http://www.serena-anr.org/">http://www.serena-anr.org/</a></p>
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<p><a title="" href="file:///C:/Users/Vincent/Desktop/Food%20Geography%20n%C2%B02bis%20-%20D%C3%A9cembre%202013.doc#_ftnref2">[2]</a> <a href="http://www.reunion-parcnational.fr/Le-territoire-du-Parc.html">http://www.reunion-parcnational.fr/Le-territoire-du-Parc.html</a></p>
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<p><a title="" href="file:///C:/Users/Vincent/Desktop/Food%20Geography%20n%C2%B02bis%20-%20D%C3%A9cembre%202013.doc#_ftnref3">[3]</a> Voir le site du centre du patrimoine mondial : <a href="http://whc.unesco.org/fr/list/1317">http://whc.unesco.org/fr/list/1317</a></p>
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<h6> Luca Piccin, Jean-Paul Danflous </h6>
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		<title>Food geography n°2 – Entre politique culturelle et politique agricole, le label : un mode de patrimonialisation des productions ?  Alexine Fontaine </title>
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		<pubDate>Thu, 26 Dec 2013 19:55:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Admin]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Food Geography n°2]]></category>
		<category><![CDATA[patrimoine alimentaire]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>ENTRE POLITIQUE CULTURELLE ET POLITIQUE AGRICOLE, LE LABEL : UN MODE DE PATRIMONIALISATION DES PRODUCTIONS ? Alexine Fontaine, Doctorante en histoire contemporaine, Laboratoire d’Etudes Rurales, Université Lyon 2. Résumé Les crises agricoles, le besoin de transparence sur les pratiques de [&#8230;]</p>
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<h6> Alexine Fontaine </h6>
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				<content:encoded><![CDATA[<h1><b style="font-size: 13px;">ENTRE POLITIQUE CULTURELLE ET POLITIQUE AGRICOLE, LE LABEL : UN MODE DE PATRIMONIALISATION DES PRODUCTIONS ?</b></h1>
<p><span id="more-378"></span></p>
<p>Alexine Fontaine, Doctorante en histoire contemporaine, Laboratoire d’Etudes Rurales, Université Lyon 2.</p>
<p><strong>Résumé</strong></p>
<p>Les crises agricoles, le besoin de transparence sur les pratiques de production et la nécessité de singulariser les produits alimentaires ont conduit au développement des démarches de qualité et à la multiplication des labels. En parallèle, se développe un discours sur la mise en patrimoine des pratiques, des usages et des productions, à travers la notion de patrimoine alimentaire. La région Rhône-Alpes se caractérise par la diversité de ses paysages et la richesse de ses productions agroalimentaires, mais aussi par son grand nombre de produits disposant d’un signe d’identification de la qualité et de l’origine. L’étude témoigne, par cet exemple, de la pertinence d’une réflexion sur les liens entre labellisation et mise en patrimoine des productions alimentaires à travers les institutions culturelles et agricoles de l’Etat français.</p>
<p><strong>Mots-clés</strong></p>
<p>Rhône-Alpes ; production agroalimentaire de qualité ; patrimoine alimentaire ; patrimoine culturel ; politique agricole</p>
<p><strong>Abstract</strong></p>
<p>Agricultural crises and the need for transparency about production practices legitimized the development of quality initiatives and the proliferation of labels, during the same time a discourse has been developed about the development of heritage practices, uses and production, gathered around the notion of food heritage. The Rhône-Alpes region is characterized by the diversity of its landscapes and its rich commercial crops but also for its many products labeled with an identification sign of quality and origin. This study demonstrates through an example, the relevance of a reflection on the relationship between labeling and patrimonialization of food production through agricultural and cultural institutions of the French state.</p>
<p><strong>Key words</strong></p>
<p>Rhone-Alps; quality processed food; cultural heritage; food heritage; agricultural policy</p>
<p><strong>INTRODUCTION</strong></p>
<p>Depuis les années 1990, on observe une multiplication des produits pourvus d’un signe d’identification de la qualité et de l’origine (SIQO)<a title="" href="file:///C:/Users/Vincent/Desktop/Food%20Geography%20n%C2%B02bis%20-%20D%C3%A9cembre%202013.doc#_ftn1">[1]</a>. Les filières de l’agroalimentaire tendent de plus en plus de faire reconnaître leur production par une démarche d’appellation d’origine protégée (AOP) ou d’indication géographique protégée (IGP), auprès des instances compétentes. L’inscription du « Repas gastronomique des français », en novembre 2011, au patrimoine culturel immatériel par l’UNESCO, a sans doute suscité un nouvel engouement pour le label et la reconnaissance d’une spécificité, mais aussi un débat sur ce que signifie la notion de « patrimoine alimentaire ». Cette réflexion, propose avec l’exemple de certaines productions rhônalpines de s’intéresser au rapport entre ce phénomène de labellisation massive et sa capacité à générer un processus de patrimonialisation des productions.</p>
<p>Il s’agit ici de s’interroger sur l’existence d’un possible processus mettant en exergue le lien de cause à effet entre labellisation et patrimoine, de tenter de savoir dans quelle mesure l’inscription d’un produit dans une démarche de labellisation induit la patrimonialisation du produit ou lui confère seulement une visibilité dans le champ du marketing alimentaire. En somme, la labellisation est-elle un vecteur de patrimonialisation ? Cet article utilise les méthodes de la recherche historique et se fonde sur des réflexions en cours d’élaboration dans le cadre d’une thèse CIFRE<a title="" href="file:///C:/Users/Vincent/Desktop/Food%20Geography%20n%C2%B02bis%20-%20D%C3%A9cembre%202013.doc#_ftn2">[2]</a> sur <i>l’Inventaire du patrimoine culinaire  de la France– Rhône-Alpes</i>, ouvrage publié en 1995 aux éditions Albin Michel par le Conseil national des arts culinaires (CNAC). La thèse relate les conditions de production matérielle de l’<i>Inventaire</i> tout en questionnant le rôle des acteurs nationaux, régionaux et locaux, mais aussi la place donnée aux produits labellisés par un SIQO dans le patrimoine alimentaire et par là-même s’il contribue à la définition de ce patrimoine.</p>
<p>La réflexion se structure autour de trois hypothèses : la multiplication des labels sur le territoire rhônalpin est une volonté des pouvoirs publics pour une reconnaissance et une visibilité qualitative de leurs productions et de leur territoire. Les « politiques agri-culturelles » (Rautenberg, 1997) participent à la construction d’un processus de patrimonialisation et par là-même d’un patrimoine alimentaire en Rhône-Alpes. Le label instaure un processus de patrimonialisation des productions agroalimentaires <i>via</i> les pouvoirs publics, mais surtout par la volonté d’une démarche collective de protection et de transmission.</p>
<p><strong>LA REGION RHONE-ALPES : LA MULTIPLICATION DES PRODUITS DE QUALITE</strong></p>
<p>La région Rhône-Alpes est un ensemble composite qui regroupe trois massifs montagneux disparates, les Alpes, le Jura et le Massif central, quelques plaines, un axe fluvial et des provinces qui n’ont pas la même histoire, du Dauphiné au Forez, du Pays de Gex au Vivarais sans compter les deux Savoie qui sont rattachées à la France depuis 1860 (Boyer <i>et al.</i>, 2005). Huit départements –Ain, Ardèche, Drôme, Isère, Loire, Rhône, Savoie, Haute-Savoie– font de la région Rhône-Alpes un territoire particulièrement hétérogène. Riche de son histoire industrielle, elle est aussi la quatrième région française en termes de production agricole et en particulier pour les fruits et les légumes. La typicité et la forte diversité des territoires rhônalpins permettent la mise en œuvre de productions agricoles multiples et variées. Le plan régional de l’agriculture durable de Rhône-Alpes (PRAD), rédigé par la Direction régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (DRAAF) et approuvé par arrêté préfectoral le 24 février 2012, note que Rhône-Alpes est la première région française en nombre de produits labellisés par un signe d’identification de la qualité et de l’origine, plus d’une exploitation agricole sur trois, produit sous signe de qualité. En 1995, <i>L’Inventaire du patrimoine culinaire de Rhône-Alpes</i> recense 198 produits agroalimentaires dont 11 produits disposant d’une appellation d’origine contrôlée : l’olive noire de Nyons, l’huile d’olive de Nyons, la fourme de Montbrison, le bleu de Gex, le comté, l’abondance, le beaufort, le picodon, le reblochon, la dinde fermière de Bresse et la volaille de Bresse<a title="" href="file:///C:/Users/Vincent/Desktop/Food%20Geography%20n%C2%B02bis%20-%20D%C3%A9cembre%202013.doc#_ftn3">[3]</a>. L’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO) dénombre pour l’année 2012 sur le territoire 85 produits sous signe d’identification de la qualité et de l’origine, hors vins : produits sous appellations d’origine contrôlées ou/et protégées<a title="" href="file:///C:/Users/Vincent/Desktop/Food%20Geography%20n%C2%B02bis%20-%20D%C3%A9cembre%202013.doc#_ftn4">[4]</a>, produits sous indications géographiques protégées mais aussi produits disposant d’un label rouge. En 16 ans, le nombre de produits estampillé d’un label a été multiplié par 10. Le constat d’une telle évolution pose la question de la prolifération de ces démarches et surtout de leur but. Quelle est la nécessité pour des productions localisées d’entreprendre une démarche de labellisation ? Les exemples de la châtaigne d’Ardèche et de la tomme de Savoie permettent d’émettre quelques hypothèses. La châtaigne d’Ardèche dispose d’une AOC depuis 2006. Cette démarche voulue par les producteurs, va au-delà de la simple démarche de qualité sanitaire ou organoleptique. Elle s’inscrit dans une volonté de protection face à l’évolution du marché de la châtaigne, de valorisation d’un territoire avec de nombreuses zones de pente, de la poursuite des usages traditionnels. L’AOC est ainsi une garantie pour le consommateur mais aussi un levier de développement pour le territoire. Quant à la tomme de Savoie, elle bénéficie d’une IGP depuis 1996. Sa labellisation est due aux liens avec l’origine géographique du produit : ce sont « <i>les caractéristiques liées à la production du lait et à la fabrication de la tomme de Savoie dans des conditions climatiques de montagne qui confèrent au produit ses qualités organoleptiques et la réputation du produit : il est le plus ancien des fromages de Savoie (avant le XIV<sup>e</sup> siècle) fabriqué par tous les paysans afin de transformer de lait de l’été en un fromage capable de se conserver durant la période hivernale. La tomme de Savoie est encore actuellement très fortement présente dans la gastronomie et les habitudes alimentaires des Savoyards<a title="" href="file:///C:/Users/Vincent/Desktop/Food%20Geography%20n%C2%B02bis%20-%20D%C3%A9cembre%202013.doc#_ftn5"><b>[5]</b></a> »</i>. Ces deux modes de labellisation n’ont pas la même signification ni les mêmes prétentions. Cependant, ils proposent tous deux une qualité de produit et des savoir-faire qui permettent la valorisation d’un territoire à l’échelle non seulement nationale mais européenne, bien que la châtaigne ne dispose pas encore d’une AOP. Au-delà de la qualité, sont visées la visibilité comme la valeur marchande des produits du territoire. Le nombre de produits sous signe de qualité en Rhône-Alpes étant plus important que dans les autres territoires, cela signifierait-il que les produits de « qualité » soient plus nombreux ici qu’ailleurs ? Il s’agit, en fait, d’une réelle stratégie de promotion du territoire via les productions. La promotion et la stratégie de communication d’un produit disposant déjà d’un signe de reconnaissance sont plus aisées qu’un produit <i>lambda</i>. L’utilisation d’une marque n’introduirait-elle pas cette même différenciation ? La différence entre label et marque doit ici être soulignée. Le label est une distinction de type « publique » qui fait suite à une longue procédure encadrée par une législation spécifique et stricte. La marque est quant à elle, une identité privée qui résulte d’une démarche économique avec le dépôt de cette marque à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI). De plus, la région Rhône-Alpes est une région de type « mosaïque »<a title="" href="file:///C:/Users/Vincent/Desktop/Food%20Geography%20n%C2%B02bis%20-%20D%C3%A9cembre%202013.doc#_ftn6">[6]</a> composée de territoires aux identités diverses, elle ne dispose pas actuellement d’une marque collective régionale, ce qui renforce l’utilisation des labels de l’INAO. Le label est ainsi perçu comme un vecteur économique, un signal proposant une visibilité marquetée dont le coût de promotion est nul, et qui par là même fédère les territoires dans une démarche de qualité. Participe-t-il néanmoins à la construction d’un processus patrimonial ?</p>
<p><strong>DES POLITIQUES CULTURELLES AUX POLITIQUES AGRICOLES : LA CONSTRUCTION D&rsquo;UN PATRIMOINE ALIMENTAIRE EN RHONE-ALPES ?</strong></p>
<p>Philippe Urfalino (2004) affirme que ce que l’on appelle « <i>politique culturelle </i>» a été inventé en 1959 avec la création d’un Ministère des Affaires culturelles ; il définit cette politique culturelle comme le « <i>moment de convergence et de cohérence entre d’une part, des représentations du rôle que l’Etat peut faire jouer à l’art et à la « culture » à l’égard de la société et, d’autre part l’organisation d’action publique </i>» (<i>ibid.</i>, 2004). Les actions menées par Malraux s’inscrivent dans cette démarche et à travers l’Inventaire Général. C’est à partir de cette réalisation que « <i>toute action de protection </i>[va être]<i> conditionnée par la réalisation d’un inventaire </i>» (Delfosse et Pilleboue, 2003). Le Conseil national des arts culinaires, créé en 1990, a réalisé les inventaires des productions de chaque région administrative. Il est évident que les inventaires du CNAC ont contribué à la patrimonialisation ou en tous cas à la prise de conscience du « potentiel » patrimonial. Ils constituent aujourd’hui une sorte de référence pour les acteurs économiques régionaux et locaux (<i>ibid.</i>, 2003).</p>
<p>A ceci, s’ajoute un contexte d’extension de la politique de qualité à celle du patrimoine. Ainsi la loi du 6 juillet 1966 donne la définition de l’appellation d’origine en précisant qu’elle « <i>constitue […] la dénomination d’un pays, d’une région ou d’une localité servant à désigner le produit qui en est originaire et dont la qualité ou les caractères sont dus au milieu géographique comprenant des facteurs naturels et des facteurs humains </i>». La protection de l’origine d’autres productions est elle aussi pensée dans une perspective de lutte contre la concurrence déloyale en prenant une couleur quelque peu régionaliste (Bérard et Marchenay, 2004). Le conseil des Communautés européennes arrête le 14 juillet 1992 deux règlements : l’un relatif à la protection des indications géographiques et des appellations d’origine, l’autre aux attestations de spécificité des produits agricoles et des denrées alimentaires. De même que la philosophie de l’AOP est de défendre un « <i>produit unique non reproductible dans un autre terroir</i> », l’ensemble de la production doit se faire dans une seule et même zone dont il faut démontrer la cohérence et l’influence vis-à-vis des caractéristiques du produit (<i>ibid.</i>, 2004). L’IGP se fonde sur la réputation du produit, sur son histoire, assortie de caractéristiques ou de qualités particulières. Cette démarche n’impose pas une zone unique où doit se dérouler l’ensemble des opérations : les matières premières peuvent provenir d’ailleurs. Quant à la spécialité traditionnelle garantie (STG), elle protège une tradition. La spécificité est définie comme « <i>l’élément ou l’ensemble d’éléments par lesquels un produit agricole ou une denrée alimentaire se distingue nettement d’autres produits ou denrées similaires appartenant à la même catégorie</i> ». Pour figurer au registre des attestations de spécificité, « <i>un produit agricole ou une denrée alimentaire doit, soit être produit à partir des matières premières traditionnelles, soit présenter une composition traditionnelle ou un mode de production et/ou de transformation qui relève du type de production et/ou de transformation traditionnel » </i>(<i>ibid.</i>, 2004).</p>
<p>On observe ainsi un lien de plus en plus important entre la politique culturelle et la politique agricole menée par les services déconcentrés de l’Etat. Durant les vingt dernières années, on note un passage du droit rural au droit de l’entreprise agricole, puis au droit de l’agroalimentaire et il faut désormais parler du Droit de l’Alimentation. Ce nouveau droit est issu de la loi du 27 juillet 2010 sur la modernisation de l’agriculture et de la pêche. La notion de sécurité sanitaire et alimentaire est un axe majeur de cette politique. L’alinéa 1<sup>er</sup> de l’article L.230-1 de la nouvelle loi note ainsi :</p>
<p>La politique publique de l’alimentation vise à assurer à la population l’accès, dans des conditions économiquement acceptables pour tous, à une alimentation sûre, diversifiée, en quantité suffisante, de bonne qualité gustative et nutritionnelle, produite dans des conditions durables. Elle vise à offrir à chacun des conditions de choix de son alimentation en fonction de ses souhaits, de ses contraintes et de ses besoins nutritionnels, pour son bien-être et sa santé.</p>
<p>L’alimentation devient alors une politique publique pilotée par le ministère de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire. La loi de modernisation définit un Programme national pour l’alimentation (PNA). L’ambition de ce programme est de faciliter l’accès de tous à une « alimentation de qualité, sûre, diversifiée de manière durable ». A l’échelle de la région, le PNA est appliqué et proposé par un service déconcentré de l’Etat, la DRAAF et plus particulièrement le Service régional de l’alimentation (SRAL), qui prend le nom de Programme régional de l’alimentation (PRALIM). L’un des volets du PRALIM est de « promouvoir notre patrimoine alimentaire et culinaire » sur lequel plusieurs lycées agricoles de la région vont travailler à partir des fiches de l’Inventaire du CNAC et valoriseront les savoir-faire et pratiques sociales associés aux produits mais aussi un inventaire des initiatives de promotion du patrimoine gastronomique et culinaire… L’association de deux démarches politiques issues des milieux agricoles et culturels semble être un vecteur de la construction d’un patrimoine alimentaire qui ne considérerait pas les productions seulement comme des leviers de développement mais comme un réel capital dont il s’agit d’organiser la sauvegarde et la transmission. Les politiques impulsent une construction de type patrimonial. Cependant, le label reste une démarche étatique, pilotée, gérée et contrôlée par un organisme sous tutelle du ministère de l’Agriculture et de la Pêche. De ce fait, dans quelle mesure peut-il être le vecteur d’un patrimoine qui lui-même dispose d’une reconnaissance aléatoire en fonction des territoires mais sans doute avant tout des populations ?</p>
<p><strong>DU LABEL INSTITUTIONNEL A LA PATRIMONIALISATION ALIMENTAIRE LOCALISEE</strong></p>
<p>Dans la plupart des démarches observées, un label valorise et promeut le patrimoine, notamment dans le domaine du patrimoine naturel ou bâti. Le label « les plus beaux villages de France », créé en 1982, a pour mission de promouvoir les arguments touristiques de petites communes rurales ; le label « Villes et Pays d’art et d’histoire » (1985) est attribué aux communes ou pays qui s’engagent dans une politique d’animation et de valorisation du patrimoine bâti ; le label « patrimoine européen » met en valeur la dimension européenne des biens culturels ; le label « Patrimoine du XX<sup>e</sup> siècle », institué en 1999 par le ministère de la Culture et de la Communication, identifie et signale au public les ensembles urbains dont l’intérêt architectural justifie de les transmettre aux générations futures comme des éléments à part ; le label « Fondation du patrimoine » créé en France en 1996 est décerné par un organisme privé à but non lucratif qui vise à valoriser et à défendre un patrimoine en voie de disparition non protégé par l’Etat ; les labels « Jardins remarquables » créé en 2004 et « Grands sites de France » gèrent et préservent les sites suivant les principes du développement durable ; quant au label « sites remarquables du goût », créé en 2001, il reconnaît un lieu considéré comme un <i>« monument du goût et doit s’articuler autour d’un produit agroalimentaire vivant avec une historicité et une notoriété reconnues ainsi que les signes d’identification de la qualité et de l’origine</i> ». Le label est ainsi un marqueur de valorisation et de promotion d’une production. Il permet d’instaurer la confiance dans la qualité d’un produit, et vaut reconnaissance pour le consommateur de la qualité « extraordinaire » d’un édifice, d’un produit, d’un lieu. Le label est une marque spéciale conçue par les pouvoirs publics et les professionnels, apposée sur un produit destiné à la vente afin de certifier l’origine, le mode de fabrication et la qualité. Il est un indicateur dans une démarche marquetée et commerciale.</p>
<p>Le label, et en l’occurrence les signes d’identification de la qualité et de l’origine, est une démarche de sauvegarde et de protection d’un certain type de produit. Le secteur alimentaire est profondément empreint d’une dimension économique qui supplante sa dimension culturelle. Le label est un dispositif marchand dont les caractéristiques et la codification n’intègrent pas la notion de transmission propre à la définition de patrimoine. Cette spécificité ne lui permet pas d’initier un processus pour la patrimonialisation d’un objet. Pourtant, la reconnaissance institutionnelle génère un consensus et permettrait cette construction. Guy Di Méo affirme qu’il existe une « <i>affection collective</i> », <i>« un accord social implicite (souvent territorialisé et institutionnalisé) sur des valeurs collectivement admises ; témoignage tacite d’une indéniable identité » </i>(Di Méo, 2007). Selon le géographe, <i>« pour qu’il y ait patrimoine, il faut donc des processus </i>[…]<i> des modalités bien précises de transformation d’un objet, d’une idée, d’une valeur en son double symbolique et distingué, raréfié, conservé…» </i>(<i>ibid.</i>, 2007). La distinction, proposée par le label, transcrirait non seulement la propension marchande de l’objet mais également sa valeur patrimoniale qui se traduit à travers la volonté d’un groupe d’individus qui fait le choix de déclencher cette démarche.</p>
<p><strong>CONCLUSION</strong></p>
<p>Le label est ainsi un outil institutionnel qui favorise une visibilité marchande et met un potentiel économique à la disposition d’un groupe. La labellisation est un vecteur de patrimonialisation des productions alimentaires du fait des antécédents socioculturels du produit labellisé, le label agit ainsi comme une sorte d’exhaleur de patrimoine.</p>
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<p>VALCESCHINI E. et TORRE A., 2002, « Politique de la qualité et valorisation des terroirs », dans SYLVESTRE J-P., <i>Agriculteurs, ruraux et citadins : les mutations des campagnes françaises</i>, CRDP de Bourgogne, Dijon, 344 p.</p>
<p><strong>Comment citer cet article :</strong></p>
<p>Fontaine A., 2013, « Entre politique culturelle et politique agricole, le label : un mode de patrimonialisation des productions ? », <i>Food Geography</i>, n°2, pp. 22-30.</p>
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<p><a title="" href="file:///C:/Users/Vincent/Desktop/Food%20Geography%20n%C2%B02bis%20-%20D%C3%A9cembre%202013.doc#_ftnref1">[1]</a> L’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO) identifie cinq signes d’identification de la qualité et de l’origine : l’appellation d’origine contrôlée (AOC) ou protégée (AOP pour l’échelle européenne), l’indication géographique protégée (IGP), la spécialité traditionnelle garantie (STG), l’agriculture biologique (AB) et le label rouge (LR). Chacun d’eux dispose d’un logo qui lors de son application sur un produit permet sa reconnaissance : l’AOC se caractérise par l’écriture de son intitulé en cercle et son sigle en noir sur un fond blanc ; l’AOP est une écriture en cercle rouge sur un fond jaune ; l’IGP est une écriture bleu en cercle sur un fond jaune; la STG est aussi une écriture bleu en cercle sur un fond jaune mais avec de petites étoiles en son centre ; le sigle AB est inscrit sur un fond vert ; le LR est un logo de couleur rouge.</p>
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<p><a title="" href="file:///C:/Users/Vincent/Desktop/Food%20Geography%20n%C2%B02bis%20-%20D%C3%A9cembre%202013.doc#_ftnref2">[2]</a> La convention industrielle de formation à la recherche se fait en partenariat avec le Comité de Promotion des produits agroalimentaires de Rhône-Alpes/R3AP et le laboratoire d’études rurales (LER).</p>
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<p><a title="" href="file:///C:/Users/Vincent/Desktop/Food%20Geography%20n%C2%B02bis%20-%20D%C3%A9cembre%202013.doc#_ftnref3">[3]</a> La méthodologie utilisée lors de la réalisation de cet inventaire était de ne pas prendre en compte les vins.</p>
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<p><a title="" href="file:///C:/Users/Vincent/Desktop/Food%20Geography%20n%C2%B02bis%20-%20D%C3%A9cembre%202013.doc#_ftnref4">[4]</a> Transposition au niveau européen de l’AOC française pour les produits laitiers et agroalimentaires.</p>
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<p><a title="" href="file:///C:/Users/Vincent/Desktop/Food%20Geography%20n%C2%B02bis%20-%20D%C3%A9cembre%202013.doc#_ftnref5">[5]</a> Voir la fiche de l’INAO concernant la Tomme de Savoie (IGP).</p>
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<p><a title="" href="file:///C:/Users/Vincent/Desktop/Food%20Geography%20n%C2%B02bis%20-%20D%C3%A9cembre%202013.doc#_ftnref6">[6]</a> La présentation du territoire déclinée au début de cet article démontre le manque de cohésion entre les territoires départementaux et justifie l’emploi de ce qualificatif.</p>
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<h6> Alexine Fontaine </h6>
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